La démocratisation du BIO* et la GSA

 

Depuis quelques temps en France, le bio est en plein essor. Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à faire le choix de manger sainement et de limiter l’impact écologique de leur consommation. C’est donc sans surprise que le nombre de surfaces cultivables et d’élevages certifiés bio ne font qu’augmenter. En 2017, la part du bio alimentaire représente 4,4% de la consommation générale des produits alimentaires et pèse plus de 8,3 milliards d’euros. Chaque jour, 1 nouveau magasin d’enseigne spécialisée bio ouvre en France. Les acteurs de la GSA se sont, eux aussi, adaptés à cet engouement et placent le bio au cœur de leurs nouvelles stratégies commerciales.

 Graphismes UB

La grande distribution joue un rôle incontournable dans le BIO en France puisqu’elle s’accapare plus de 46% des parts de marché. Entre MDD bio et marques nationales bio, les grandes surfaces proposent toujours plus de choix aux consommateurs à différents prix. Pour mieux comprendre l’expansion de ce marché, Data Solutions / Retail Explorer met à profit sa base de données et vous propose de zoomer sur quelques tendances du bio en GSA.

 

Element2_InfogPrixBioMais le bio, c’est plus cher ! Non ?

Toujours difficile pour un consommateur de choisir entre les rayons classiques et bio : qualité, valeurs nutritionnelles et surtout, le prix.

Les variations de prix entre les références bio et standards sont différentes en fonction des produits proposés (voir infographie ci-contre). Regardons de plus près la différence de prix et les évolutions sur un an.

Le jus ambiant, le lait et le gel douche sont en moyenne moins chers au rayon bio avec une différence de prix respective par rapport aux références standards de -18,2%, -13,1% et -21,0%. En ce qui concerne le chocolat en tablette, les pâtes alimentaires et les desserts, la différence de prix est plus flagrante : +57,6%, +93,3% et +69,6%.

Les phénomènes de variations de prix sur certains produits bio illustrent bien la tendance du bio en GSA. Même si le chocolat en tablette est moins cher en rayon standard, la baisse des prix pratiqués sur ce produit est 2 fois plus rapide sur la référence bio. Remarquons également la hausse du jus ambiant standard par rapport à son pendant bio.

 

 

 

Le BIO répond présent dans les prospectus de 2018 

Cette année est marquée par un véritable phénomène de densification des UB bio dans les supports : +177% du nombre d’UB par rapport à 2017 (+3 583 UB). Les UB bio non alimentaires dans les prospectus ont presque triplé en 1 an (+602 UB).

Les marques nationales se démarquent par rapport aux marques distributeurs avec une représentation moyenne de 70% du bio dans les prospectus.

Les acteurs de la GSA investissent massivement dans la promotion des produits du marché bio. Ce qui marque particulièrement cette année 2018 est le bond de +96% de prospectus entièrement dédié aux produits bio. Certes, ce volume reste minime avec 45 prospectus mais le mouvement est bien présent. Les enseignes Hypermarché ont évidemment intensifiées la publication de supports dédiés (9 contre 18 en 2018) et les distributeurs de proximité se sont à leur tour lancés dans la bataille en proposant 10 supports en 2018 contre seulement 2 en 2017.

La part de voix est toujours dominée par les hypers (58,8%) mais les enseignes de Hard Discount et de proximité tirent leurs épingles du jeu avec des hausses de +6,1 points et +1,2 points.

Le top 5 des fabricants de produits bio sont biens présent dans les prospectus de 2018 : Distriborg Group, Unilever, Naturenvie, Mondelez et Nestlé. Il y a un renforcement de la présence d’industriels non spécialisés dans le marché bio alimentaire comme Unilever, Mondelez, Nestlé, Danone ou encore PepsiCo qui ont des progressions exponentielles d’UB bio jouées en 2018.

 

 

Element3_InfogProspectus

Côté promos, ça bouge aussi

Concernant les promotions, les produits bio subissent de plus en plus de pression. Même si le poids de l’agressivité reste faible (14,8% des UB nipés), il est en légère progression de +2,6 points par rapport à 2017. Le taux de couverture NIP augmente pour atteindre le chiffre respectable de 74,8%.

Le taux de discount NIP moyen est stable à 28,8% avec quelques évolutions lorsque nous les étudions plus en détails :

  • la gratuité est très peu présente en 2018 avec seulement 2,4% des UB nipés (en baisse de -0,7 points par rapport à 2017),

  • le recul de la tranche de discount NIP allant de 0 à 20% (-8,5 points),

  • hausse des tranches comprises entre 21 et 34% (+5,4 points) et entre 35 et 50% (+3,1 points) principalement sur les UB Alimentaires.

Les lots virtuels et le cagnottage sont en forte hausse, avec respectivement +4,2 points et +2,1 points par rapport à l’année précédente, au détriment des remises immédiates (-7,2 points).

 

Carrefour
HyperU
Spar

Et le BIO en drive, ça donne quoi ?

Carrefour / Carrefour Market, Géant Casino et Cora proposent le plus d’articles bio sur les sites Drive. Sans surprise, les rayons les plus fournis en produits bio sont l’épicerie salée et sucrée avec respectivement 4404 et 3804 EAN; soit 68%  du bio en Drive !

Entre le début et la fin de l’année 2018, le nombre total d’EAN bio a augmenté de 2917 (9239 en N1 vs 12156 en N52), soit une hausse de 31,6%.
Le rayon des glaces connaît la plus belle évolution avec une hausse de +425%, suivi par la catégorie Hygiène-Beauté avec +85,1%. Quant aux chiffres des rayons Animalerie Accessoires, Bazar, Boucherie LS et Parapharmacie, le nombre d’EAN n’a pas évolué.


Vers une démocratisation du BIO


Avec la croissance des ventes de produits biologiques en hausse constante, la GSA joue un rôle important dans la démocratisation du BIO en France :

  • accessibilité des produits bio via une stratégie omnicanale (e-commerce, magasins et drive),

  • politique de prix qui rend le BIO abordable pour tous,

  • hausse de la visibilité du BIO avec de plus en plus de supports dédiés,

  • augmentation des promos sur le rayon.

Et la croissance n’a pas prévu de s’arrêter là. Ceci étant dit, la GSA non plus. Nous restons à l’écoute des données sur le BIO. Voyons voir ce que nous trouverons pendant cette année 2019. Cette stratégie de démocratisation, sera-t-elle poussée plus loin ?

 

*Sources : 
https://www.agencebio.org/
https://www.produire-bio.fr/